Voyage Avril 2017- SAQQARAH

 

5- Cent ans avant Khéops: SAQQARAH- Le complexe funéraire de DJOSER

 Le site de Saqqarah se situe à 40 kilomètres au sud du Caire, sur la rive ouest du Nil et s'étend sur 900 ha.

Les premiers tombeaux à y être construits datent du début de la Ière dynastie (3150-2925 av JC) et furent installés près de la capitale Memphis, pour des hauts fonctionnaires. La majorité des monuments retrouvés (nécropoles, pyramides et tombeaux) datent de l'Ancien Empire (2700-2181 av JC), mais on trouve aussi des tombes datant du Nouvel Empire.

Avec le règne de Djoser, Saqqarah devient nécropole royale.

Le complexe funéraire de DJOSER

 Le complexe funéraire de Djoser, premier roi de la IIIème dynastie (vers 2660 av J.C.) (Ancien Empire), occupe une surface de 15 ha. La pyramide se trouve plus ou moins au milieu. Autour d'elle s'est développée une véritable ville avec une vraie entrée (à l'extrémité Sud de la face orientale) et plusieurs factices, une cour de la fête Sed avec des murs à redans, un palais, un temple sud contenant un puits et des galeries identiques à celles qui se trouvent sous la pyramide. Il y a plusieurs kilomètres de galeries jusqu'à  28m de profondeur. Dans l'une d'entre elles a été retrouvé le sceau d'Imhotep.                                  Sur le côté ouest se trouvaient 400 magasins.                                                                

 On trouvait également une Maison du Sud et une Maison du Nord correspondant à la Haute et Basse-Egypte, un temple côté Nord avec un serdab, une table d'offrandes solaire. 

Le serdab est une petite pièce close que l'on trouve dans les monuments funéraires de l'Ancien Empire. Généralement aveugle, elle contient la statue du ka du défunt. Elle est parfois ouverte sur la chapelle funéraire par une fente permettant au défunt de communiquer avec le monde des vivants.                                                                          

La cour en contre-bas et la pyramide.

Pavillons de la Fête Sed ( à gauche) et colonnade menant à l'entrée (à droite).                                             

 La colonnade était bordée de chaque côté par 40 colonnes nervurées et était surmontée d'un plafond cannelé imitant une couverture en rondins de bois. 

La pyramide de DJOSER

L'architecte en est le vizir du roi, Imhotep, premier constructeur d'un monument en pierre de taille. Fin lettré et architecte de génie, il portait de nombreux titres et laissa un tel souvenir qu'il fut déifié après sa mort.

Avant Djoser, les rois étaient enterrés dans des mastabas faits de brique crues et de bois.

Le premier mastaba, en forme de banquette, mesurait 8m de haut. On construisit ensuite par-dessus plusieurs degrés pour aboutir à une pyramide à 6 degrés de 60m de haut et de plan rectangulaire (109 m sur 121 m).                                                                

Le caveau royal était souterrain. 

Les échafaudages en bois semblent d'époque !

Les pavillons de le Fête Sed

Le souverain  y trônait lors de la Fête Sed qui avait lieu au bout de 30 ans de règne. 

Ces chapelles sont pleines et factices. L'entrée est en chicane et une barrière avec des verrous est représentée.

La Maison du Sud
 

7- 200 ans après KHEOPS: OUNAS et la première pyramide à textes 

 

Ounas est le dernier roi de la Vème dynastie (2375-2345 av J.C.- Ancien Empire).                                     

Son complexe funéraire (au sud du complexe de Djoser) se composait d'une pyramide principale, une longue chaussée de 750m relie le temple funéraire au temple de la vallée. Tout autour se trouvaient des mastabas et des tombes de dignitaires.

La chaussée d'Ounas

Construite en calcaire fin de Tourah, elle présente deux angles. La chaussée montante était le chemin emprunté par la momie du roi lors des funérailles.

Elle était constituée d'un long couloir dont le plafond était formé de blocs non jointifs dans leur partie centrale, laissant passer un filet de lumière sur toute la longueur de l'allée. Il était décoré d'étoiles, figurant le ciel, et conserve des traces de teinte bleue.

Il reste quelques traces de décor sur ses parois: Bateaux pour le transport des colonnes de granit et travaux des champs.

Une entrée de tombe bordant la chaussée

Montant de porte en granit conduisant au temple haut:

Colonne de droite :" Le roi de Haute et Basse-Egypte...  L'Horus d'or Ounas doté de toute vie, toute stabilité et tout pouvoir."

La pyramide d'Ounas

Très abimée, elle s'élevait à une hauteur de 43m à l'origine, sa base étant de 57,75m. Devant se trouvent des restes du temple funéraire.

On y pénétrait par une chapelle, située au milieu de la face Nord, au niveau du sol dans le trottoir de la cour de la pyramide.                                                                                   

 De là un couloir descendant conduit à une petite chambre horizontale, puis une antichambre. Sur son côté Est: une salle avec trois cavités (magasins ou emplacements de statues) et sur son côté Ouest: la chambre funéraire.

Il s'agit de la première pyramide à textes.  Les murs de l'antichambre et de la chambre funéraire sont recouverts des Textes des Pyramides.

Les textes sont organisés de telle façon que le roi effectue son périple et sort. La descenderie est en fait une remontée.

Quelques zones ont gardé leur couleur bleue d'origine et on peut observer avec émotion des corrections faites par le scribe (les repentirs) :

Seule la partie derrière le sarcophage en basalte (ouest) n'est pas décorée de textes mais d'une représentation d'un serekh (signifiant que le roi est dans son palais).  Le plafond en chevron était décoré d'étoiles:

Les Textes des Pyramides forment le plus ancien corpus inscrit connu au monde. Gravés sur les parois des appartements funéraires dans les pyramides de la fin de la Vème à la VIIème dynastie (2350-2150), ils expriment le parcours symbolique du roi défunt de la mort vers la vie éternelle. On y trouve des prières, des conseils pratiques, des formules magiques.                                                                                     

 Au total, il existe onze pyramides à textes, toutes sur le site de Saqqarah dont celles des rois Ounas, Téti, Pépi Ier, Merenrê, Pepi II.

8- TÉTI Ier: sa pyramide et le cimetière de mastabas

 

Téti Ier (2345-2323 av J.C.) qui succéda à Ounas fut le premier roi de la VIème dynastie (Ancien Empire).

Sa pyramide mesurait 78,50m de base et avait une hauteur originelle de 52,50m. Elle est aujourd'hui très abîmée.

L'entrée se fait par le milieu de la face Nord. Sa structure sous-terraine est semblable à celle de Ounas: un couloir descendant mène à une chambre-couloir puis un couloir horizontal s'ouvre sur l'antichambre (située sous le centre de la pyramide). A l'est de celle-ci une petite salle avec 3 cavités (le serdab ou les magasins ?) et à l'ouest la chambre funéraire avec son sarcophage de basalte dont le couvercle fut brisé par les pilleurs.

Les murs de l'antichambre, de la chambre funéraire et d'une partie du passage horizontal sont recouverts des Textes des Pyramides, moins bien conservés que dans la pyramide de Ounas.

A proximité de la pyramide du Téti, se trouvent les ruines de celles de ses Reines :

*Le cimetière de Téti

Plusieurs des hauts fonctionnaires de Téti Ier ont choisi de faire ériger leurs mastabas (tombes typiques de l'Ancien Empire) non loin de la pyramide royale, demeurant ainsi après leur mort dans l'entourage du souverain.

Les mastabas de forme trapézoïdale possédaient une petite cour et le caveau était souterrain.

Leur imagerie importante est une reproduction de la vie quotidienne domestique et familiale d'alors. Ce qui représente pour nous un véritable témoignage. Les images fixées sur la pierre sont certes un rappel du passé du défunt mais sont essentiellement destinées à un devenir éternel: elles permettront au défunt propriétaire du mastaba de revivre les actes de sa vie sur terre.

La représentation du repas funéraire est une précaution pour pallier l'éventuelle défaillance de la famille ou des prêtres: ces scènes figurées deviennent réalité et peuvent nourrir le défunt.

Entrée du mastaba de Mererouka (vizir de Téti):

Le défunt est représenté de part et d'autre de la porte selon le principe de l'aspectivité (rien de ce qui existe ne doit être absent du dessin car les représentations valent pour la réalité).

- Visage de profil et œil de face.

- Epaules de face

- Sein de profil

- Abdomen de profil et nombril de face

- Jambes et pieds de profil

Il tient la canne mdw (signe de capacité de parole impérieuse) dans sa main gauche et le sceptre (symbole de pouvoir) dans sa main droite. La jambe en avant signifie qu'il a une fonction.

Une stèle fausse-porte  (mastaba de Ihy) 

# Mastaba de Nikaouisesi                                            Nikaouisesi était un membre de la Cour de Téti Ier

Entrée du mastaba

De part et d'autre de l'entrée une représentation du propriétaire s'avance vers la porte, sceptre dans la main droite et bâton dans la main gauche (dans la même attitude que Mererouka vu précédemment) accompagné de son fils "Son fils aîné bien-aimé, l'ami unique, Nikaouisesi".

De chaque côté une colonne de texte représente une variante de L'Appel aux vivants : " Ceux qui entreront dans cette tombe sans s'être purifiés comme ils le feraient pour un dieu, je ferai en sorte qu'ils soient punis au-delà de leur mauvaise action. Tout serviteur du ka qui récitera l'offrande invocatoire et se purifiera pour moi, il peut être certain et compter sur moi pour le soutenir dans la nécropole et devant toute assemblée."

A noter la finesse des détails: musculature des jambes, sandales 

Salle I- Mur Nord:    

Nikaouisesi en grand.

Au-dessus de la porte: scènes de "Nourrir les grues" et "Traire les vaches ".

Salle I- Mur Est:  

Scène de chasse au gibier d'eau dans les marécages.

Nikaousesi, vêtu d'un pagne de lin fin représenté en grande taille sur son embarcation.

Salle III- Mur Est: 

Au registre inférieur, une scène de boucherie.

# Mastaba de Ankhmahor

Il fut vizir sous Téti Ier

Entrée:

Le défunt se tient assis avec sa canne, capacité de parole impérieuse.

Sa main en l'air indique qu'il parle.

Chasse aux oiseaux au filet

Fabrication du pain

Scène d'excision:

 Haut-droite: Je ferai en sorte (que cela te soit) doux (en faisant) disparaître (la douleur) à cet endroit de manière efficace.

Haut-gauche: Maintiens-le de façon à ce qu'il ne s'évanouisse pas. Je ferai en sorte que tu me loues.

Centre: Circoncire par le serviteur du ka.

Pilier au nom de Ankhmahor dont le beau nom est Sesi                                                                       

Transport de nourriture.

Mastaba de Neferseshemptah

Il fut intendant de la pyramide de Téti.

Entrée                              

Stèle fausse-porte avec formule d'offrandes à Anubis et Osiris

Registres supérieurs: Elevage et gavage des oies                                       Registres inférieurs: chasse au filet

Mastaba de Kagemni:  Vizir et ministre de la justice de Téti Ier

Son mastaba est le plus proche de la pyramide du roi et d'une taille importante: cela met en évidence l'importance du personnage.

Kagemni- Détail d'une inscription

Entrée

Salle I: Scène de pêche

Kagemni, debout sur une barque de papyrus, au milieu d'un fourré (tiges droites). Derrière lui une petite barque transporte deux hommes. A noter la grande variété de poissons et les détails (grenouilles-papillon).

Salle 3:

Détail: sandales

Scène champêtre d'élevage et de surveillance de troupeaux:

Registre inférieur: passage du gué par le troupeau attiré par le veau tenu par un homme dans une barque. Le passage du gué est dangereux: présence de crocodiles et d'hippopotames                          Registre supérieur: La traite des vaches (gauche), la fabrication de fagots de papyrus (centre) et un homme sèvre un chiot à qui il offre de la nourriture prémâchée (droite).

Scène de pêche et chasse à l'hippopotame:

A gauche, trois chasseurs armés de harpons et de gourdins tuent les hippopotames, animal dangereux et maléfique. A noter la lutte entre un hippopotame et un crocodile, l'accouplement de deux crocodiles et les libellules (droite). Les roseaux sont écrasés après le passage de la barque.

Danseurs dans une position acrobatique évoluant devant Kagemni.

Salle IV:

Scènes de basse-cour et chasse aux oiseaux au filet

Registre supérieur: gavage des oies.                                                                       

Registre médian: trois volières entourées de filets et un toit soutenu par des bâtons. Un personnage laisse couler le grain à terre.                                                              

Registre inférieur: chasse au filet. Un homme tient une pièce d'étoffe entre ses bras tendus, signal pour ses camarades de tirer la corde refermant ainsi la nasse.

Scène de gavage des hyènes:

Exercice difficile ce qui explique les entraves des animaux. N'ayant jamais pu les domestiquer, les égyptiens renoncèrent à leur exploitation dès la fin de l'Ancien Empire. Un scribe assis note tout et transmet à son supérieur debout.

Salle VI: Kagemni portant la peau de panthère du prêtre sem surveille le transport des offrandes

Kagemni suivi de son épouse " La fille charnelle du roi bien-aimée dont le nom est Nebty-Noub-Khet, son épouse bien-aimée qu'il vénère de son beau nom Sesheshet"

SalleVII: Stèle fausse-porte  Elle est surélevée. Par cette ouverture, le ka de Kagemni pouvait entrer et sortir du sarcophage et venir se nourrir des offrandes alimentaires présentées devant la stèle ou en cas d'abandon du culte funéraire des offrandes représentées sur les parois.

Salle VIII: Des porteurs de vases et d'étoffes s'avancent vers Kagemni.

Salle VIII: Des porteurs de vases et d'étoffes s'avancent vers Kagemni.

La présence d'ibex tenus en laisse est symbolique: ils représentent le monde sauvage apprivoisé. Le fait de posséder des animaux sauvages domestiqués était un marqueur de puissance sociale et de richesse du défunt.

          IMG_2823
          IMG_3203
          IMG_2981
          IMG_3808_edited
          L'Egypte ancienne....

          Une passion à partager!